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Affichage des articles associés au libellé mère-fils

La scission

J'ai longtemps eu de la difficulté à faire la scission entre le avant et le maintenant. Dix-neuf ans de souvenirs ça ne se transforme pas facilement. En fait j'en ai encore et je crois que je n'y arriverai jamais.  J'ai bien essayé de parler de Maxim quand il avait 4 ans, mais je ne l'ai pas connu. Comme je l'ai mentionné, même si la personnalité est resté la même, iels sont totalement différents dans leurs attitudes et réactions.  Celle que j'ai connue enfant c'est Maya, c'est elle qui partage mes souvenirs. Comment elle prenait sa place, comment elle abordait les gens, comment elle aimait faire des spectacles, qu'on sache qu'elle était là. Puis l'adolechiance est arrivé. Celle qui confrontait, celle qui revendiquait, qui bousculait, encore celle qui faisait des spectacles mais plutôt provoquant. Celle aussi qui trouvait exutoire (de son incompréhension de qui iel était, sûrement) dans la drogue, dans les amies, dans l'abandon de l...

La dysphorie

  J e me sens parfois usurpatrice du deuil.  J'ai la chance d'avoir encore mon enfant, il n'a que changé de genre. Ça fait quand même toute une différence dans mon vocabulaire, dans mes souvenirs, dans notre relation.  Ma fille était d'une impatience incroyable, tout devait lui arriver à l'instant qu'elle le désirait, quitte à foute le trouble. Mon néo-fils est plutôt peinard, il ne cherche plus les ennuis, s'en éloigne même et est d'une patience que je n'ai jamais vu chez cet enfant. Ma fille était colérique, je disais à la blague lorsqu'elle était bébé qu'elle pognait les nerfs plus vite que son ombre! Comme si la rage de ne pas comprendre qui iel était vraiment sortait à la moindre occasion. Mon néo-fils est sage, calme, heureux, libre enfin. Ça fait une grande différence dans l'attitude au quotidien.       Cette image, malgré que violente, reflète parfaitement cette dualité vécu par Max. Cette dysphorie qui le tuait à petit feu. Je sa...

Les sobriquets

C'était facile, avant. J'avais une fille et un garçon. Ma fille préférée,  ma petite lala, ma nazelle, ma chérinette d'amourette à la face de PET! Tous ces petits surnoms affectueux qu'on donne à nos enfants. J'avais aussi mon fils préféré, mon bébé chat, mon loulou, mon zackaroune à la face de ragoune. J'en avais qu'un fils. Puis est arrivé mon deuxième fils que je ne pouvais plus appeler ma lala. Que je ne pouvais pas non plus appeler mon loulou puisque c'était pour l'autre. Dans mon défi du vocabulaire autour du genre, je devais également changer ces petits mots d'amours que l'on donne spontanément à nos bébés dès leur naissance. Maxim est né à 19 ans, disons que la spontanéité ne l'était pas tant. C'était déjà une gymnastique pour ne pas me tromper quand je m'adressais à lui mais dans les moments de sympathie, de douceur, de soutien, je n'y arrivais pas. J'ai donc choisi de prendre le temps d'apprivoiser les nouve...