
Je me sens parfois usurpatrice du deuil. J'ai la chance d'avoir encore mon enfant, il n'a que changé de genre.
Ça fait quand même toute une différence dans mon vocabulaire, dans mes souvenirs, dans notre relation.
Ma fille était d'une impatience incroyable, tout devait lui arriver à l'instant qu'elle le désirait, quitte à foute le trouble. Mon néo-fils est plutôt peinard, il ne cherche plus les ennuis, s'en éloigne même et est d'une patience que je n'ai jamais vu chez cet enfant.
Ma fille était colérique, je disais à la blague lorsqu'elle était bébé qu'elle pognait les nerfs plus vite que son ombre! Comme si la rage de ne pas comprendre qui iel était vraiment sortait à la moindre occasion. Mon néo-fils est sage, calme, heureux, libre enfin. Ça fait une grande différence dans l'attitude au quotidien.
Cette image, malgré que violente, reflète parfaitement cette dualité vécu par Max. Cette dysphorie qui le tuait à petit feu. Je sais pertinemment que s'il n'avait pas entrepris d'être bien dans sa peau et dans sa tête en tant que garçon, je devrais quand même vivre le deuil de ma fille. Elle serait morte sans aucun doute.
J'ai de la chance d'avoir encore mon enfant! J'en profite pleinement!
Merci de mettre des mots sur mon ressenti!
RépondreSupprimerJ'ai appris récemment que mon fils de 22 ans est en fait ma fille. C'est quelque chose à encaisser, d'autant plus qu'il n'y avait pas de "signes avant-coureurs" donc ça nous est littéralement tombé dessus!
Mais avec le recul je me rends compte qu'une grande partie de sa souffrance psychologique depuis une dizaine d'années venait sans doute de là. Et même si j'ai un peu de mal à m'approprier le mot "deuil", c'en est un, sans tout à fait l'être...
Effectivement, c'est un deuil qui n'en est pas tout à fait un, on apprend à vivre sans un mais on a la chance d'en avoir un autre en échange... difficile à nommer, faut le vivre pour le comprendre pleinement. Je vous souhaite de beaux et bons moments avec votre fille, malgré les défis à venir!
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